Le GDA Sidi Amor

Le GDA Sidi Amor

Le GDA Sidi Amor c’est d’abord un lieu, une histoire, qui débute à flanc de montagne, non loin de Tunis. Une colline inspirée, de forêt et d’âpres garrigues brûlées par le soleil d’été et glacées par les froidures d’hiver d’où émanent paix et sérénité loin des fracas du monde. Un groupe de jeunes aventuriers et leurs mentors vont créer et donner naissance à une utopie dans le djebel. Peu à peu vont émerger leurs projets, aussi innovants que de construire avec de la terre, de récupérer des déchets de carrières pour en tailler des œuvres d’art, de planter des rosiers dans une forêt, de purifier l’eau usée de la ville pour reverdir la paille jaunie des champs d’oliviers ; en un mot transformer les nuisances en ressources, redonner vie et valeur à ce qui est déprécié. Là, des hommes et des femmes plantent les fondations d’une entreprise sociale où la réalité rejoint peu à peu la fiction.

Historique

Engagée en 2006 par un petit groupe de riverains, sous l’impulsion du Dr Taieb Ben Miled, l’initiative, à l’origine du GDA Sidi Amor, avait pour objectif la mise en valeur de terrains agroforestiers abandonnés. Sur le plan foncier, ces terrains hérités et/ou récemment achetés par le groupe, totalisent une superficie d’environ 7 hectares.

D’emblée, l’initiative s’est étendue à l’ensemble du site Sidi Amor, identifié comme un site naturel remarquable et digne d’un projet citoyen de conservation et de développement. Dans ce cadre, plusieurs démarches furent entreprises auprès des autorités de tutelle et des correspondances leur furent adressées.

En 2010, les services du Ministère de l’Agriculture (CRDA Ariana et Direction des Forêts) ont conseillé au groupe de se constituer en GDA. Il s’agit d’un cadre associatif original qui permet aux riverains de bénéficier d’un cadre légal de travail collectif ; mais également de gérer et valoriser les ressources naturelles de leur terroir. Le périmètre d’intervention du groupe pouvait s’étendre ainsi, à l’ensemble du site et plus particulièrement à son espace forestier d’environ 120 hectares dans le cadre d’une convention de cogestion forestière (En cours de formalisation).

Dès la constitution en GDA (Journal Officiel, mars 2010), le projet du GDA Sidi Amor a été présenté aux autorités de tutelle (Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Agriculture), comme un projet de valorisation des ressources dans un cadre de développement intégré et durable, faisant de la conservation de la nature un « tremplin » pour de multiples actions de formation et de développement.

Nos partenaires

Le groupe Sidi Amor s’est trouvé consolidé par la collaboration active de nombreuses parties prenantes :

L’administration de tutelle, hésitante et/ou méfiante devant une initiative privée aussi ambitieuse que complexe, a fini par rejoindre le projet avec beaucoup d’enthousiasme et de détermination. Un partenariat de bon aloi s’est ainsi engagé, offrant un exemple de bonne pratique communautaire et un modèle de complémentarité et de synergie dans la relation administration-société civile.

A titre d’exemple, nos participations à des réflexions collectives (Diagnostic des modalités de préparation et de mise en œuvre des politiques agricoles au sein du MARHP) et l’engagement des autorités administratives et politiques, à leur plus haut niveau, dans nos projets et actions. (Voir à titre d’exemple, l’engagement de l’ONAS et du CRDA dans le projet de valorisation des eaux usées, la présence de Mme le Gouverneur de l’Ariana dans nos manifestations lors du Festival de la Rose, 2017)

Les Institutions Scientifiques et Techniques

Invitées pour appuyer et éclairer le GDA, ces institutions ont engagé, en étroite collaboration avec les membres du GDA des actions de recherche, de développement et de formation dans toutes les thématiques abordées au site : botanique, hydrologie, écoconstruction, arts et métiers, etc… 

La Société Civile

Le GDA collabore avec de nombreux acteurs et réseaux communautaires. A commencer par les GDA et organisations rurales (UTAP, Syndicats) : Notre ambition de transmettre les bonnes pratiques environnementales et rurales, telles qu’expérimentées sur notre site pilote, ne peut pas se concevoir sans une large implication de la société civile.

Associations environnementales et de bienfaisance, groupes scolaires, universitaires, etc…

Le GDA Sidi Amor à l’international

De nombreux partenaires étrangers ont apporté une précieuse contribution a la dynamique du groupe et a son rayonnement. Ces collaborations sont parfois introduites  par l’administration (A titre d’exemple le Gouvernorat de l’Ariana présente le GDA Sidi Amor comme porteur de projet en tête de liste des projets présentés dans le cadre de la Coopération Tansfrontalière Mediterranéenne IEVP/CTMED) ; Le plus souvent ces collaborations relèvent  de l’initiative du GDA, à travers sa participation à des appels à projets (IAMM par exemple) ou à l’occasion de ses communications et journées portes ouvertes réservées aux missions diplomatiques et agences de développement.

Vocation du GDA Sidi Amor :

Le GDA Sidi Amor a décidé de s’attaquer aux problématiques socio-économiques locales en partenariat avec les autorités publiques, et de relever les défis suivants : la protection du site contre l’érosion, les dégradations, les pollutions urbaines, la lutte contre les feux de forêt et la perte de biodiversité, la gestion de l’eau et de l’énergie, la dépréciation endémique du travail et de certains métiers artisanaux, les besoins de restructuration de la société civile pour le développement de la Tunisie.

Les initiateurs du programme ont mobilisé et intéressé un groupe de jeunes hommes et femmes, et ont associé les riverains du site du djebel Sidi Amor à la démarche du développement territorial.

Le GDA Sidi Amor veut créer une dynamique socio-économique et culturelle par : 

– L’éveil des jeunes à la responsabilisation, l’aide à leur épanouissement et l’encouragement à leur autonomie par le travail, tout en soutenant l’emploi dans l’espace rural.

– La valorisation de l’homme par le travail dans des métiers porteurs de sens et d’avenir pour le développement économique local.

– La protection, la valorisation et l’enrichissement des ressources naturelles du site.

– La conservation et la réhabilitation des métiers de l’artisanat d’art et du patrimoine matériel et immatériel tunisien.

– Le projet se situe sur l’une des dernières collines forestières à proximité de Tunis et se déploie sur 4 hectares de parcelle privée et 140 hectares de parcelle agro-forestière étatique, suivant une convention de cogestion de cet espace.